Chlore, pH, TAC, sel, anti-algues : combien en mettre, pour quel volume ? Vous cherchez un dosage précis. Vous tombez sur cinq réponses différentes, souvent sans source. Voici un tableau croisé complet par m³, avec les doses sourcées produit par produit, plus la méthode pour mesurer avant de doser. Un chiffre sans référence n'est qu'une estimation : ici, chaque dose est rattachée à un fabricant ou une pratique documentée.
Le tableau de dosage complet, produit par produit
Comptez les doses ci-dessous pour un bassin classique, en partant d'une eau déjà équilibrée. Attention : ce sont des repères de départ, pas des valeurs universelles. Chaque marque dose sa concentration active différemment (on y revient plus bas).
| Produit | 10 m³ | 20 m³ | 30 m³ | 40 m³ | 50 m³ | 60 m³ | 80 m³ |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chlore lent, galets (entretien hebdo) | 50 g | 100 g | 150 g | 200 g | 250 g | 300 g | 400 g |
| Chlore choc granulé (traitement) | 200 g | 400 g | 600 g | 800 g | 1 kg | 1,2 kg | 1,6 kg |
| pH+ granulés (pour +0,1 point) | 100 g | 200 g | 300 g | 400 g | 500 g | 600 g | 800 g |
| pH- granulés/liquide (pour -0,1 point) | 100 g | 200 g | 300 g | 400 g | 500 g | 600 g | 800 g |
| TAC+ bicarbonate (pour +10 mg/L) | 170 g | 340 g | 510 g | 680 g | 850 g | 1,02 kg | 1,36 kg |
| Oxygène actif granulés (entretien hebdo) | 120 g | 240 g | 360 g | 480 g | 600 g | 720 g | 960 g |
| Brome galets BCDMH (entretien hebdo) | 25 g | 50 g | 75 g | 100 g | 125 g | 150 g | 200 g |
| Sel, électrolyseur standard (4 g/L) | 40 kg | 80 kg | 120 kg | 160 kg | 200 kg | 240 kg | 320 kg |
Base retenue : la référence Chloryte de Bayrol, soit 50 g/10 m³ pour le chlore lent en entretien hebdomadaire. Pour le chlore choc, la règle observée chez la plupart des fabricants tourne autour de 20 g/m³. Même logique côté pH : Bayrol préconise 100 g/10 m³ pour corriger 0,1 point, aussi bien pour le pH+ que pour le pH-. Certains produits concurrents demandent 150 à 200 g pour seulement 0,2 point, soit jusqu'à 1,5 fois plus. Vérifiez toujours la concentration active indiquée sur l'étiquette avant de transposer un dosage d'une marque à l'autre. Le TAC+ suit un calcul standard : 17 g/m³ pour gagner 10 mg/L. Oxygène actif, brome : faute de norme unique, on a retenu le milieu des fourchettes fabricants. Le sel, lui, se calcule simplement (volume en m³ × taux visé en g/L = kilos à ajouter), sauf pour les électrolyseurs basse salinité récents, qui tournent plutôt à 2 g/L.
Avant de doser : ce qu'il faut mesurer
Un dosage juste part d'une mesure juste. Sans testeur fiable, vous dosez à l'aveugle.
Le pH d'abord. Visez 7,2 à 7,6 avant tout traitement chlore (Bayrol resserre même à 7,0-7,4). En dessous de 7,2, le chlore devient irritant. Au-dessus de 7,6, il perd une bonne part de son pouvoir désinfectant. Résultat : un pH mal réglé peut faire chuter l'efficacité du chlore de plusieurs dizaines de pourcents. C'est souvent ça, le vrai coupable derrière une piscine "bien dosée en chlore" mais qui reste trouble.
Côté outil de mesure, deux options s'affrontent : les bandelettes colorimétriques, rapides et peu chères mais imprécises (la lecture dépend de la lumière du jour, de l'angle, de la fraîcheur du flacon de réactif, bref de pas mal de paramètres qu'on ne maîtrise pas vraiment), et le testeur photométrique, où un capteur optique lit la couleur après réactif pour une fiabilité nettement supérieure. Comptez 110 à 150 € pour un testeur photométrique milieu de gamme, amortis en deux ou trois saisons face au coût cumulé des bandelettes. Un bon photomètre couvre chlore libre, chlore total, pH, TAC et stabilisant en une seule lecture. Pour bien choisir et calibrer votre appareil, direction notre guide sur le testeur eau piscine.
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Mesurez deux fois par semaine en pleine saison. Tous les jours en cas de forte fréquentation ou d'orage : l'eau de pluie dilue tout, TAC compris.
Pour ne plus y penser au quotidien, un régulateur pH-chlore automatique (type PoolLab ou Bypiscine) mesure et corrige en continu, sans manipulation quotidienne. C'est un budget plus conséquent qu'un simple photomètre, mais ça évite pas mal d'oublis une fois l'été bien lancé.
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Dosage chlore : lent (entretien) vs choc (traitement)
Deux familles, deux usages (les confondre, c'est le meilleur moyen de rater son entretien). Ne les confondez pas.
Le chlore lent, en galets stabilisés (125, 200 ou 250 g), assure l'entretien continu. Il se dissout progressivement dans le skimmer ou un flotteur. Comptez 50 g de Chloryte pour 10 m³ en dose hebdomadaire, contre 80 g/10 m³ pour la mise en route de saison. Ce chlore est stabilisé à l'acide cyanurique, ce qui le protège des UV. Mais attention au piège classique : un stabilisant en excès (au-delà de 75-100 mg/L) bloque l'action du chlore. C'est ce qui arrive à ceux qui n'ont utilisé que des galets stabilisés pendant des mois.
Le chlore choc, lui, sert au rattrapage : eau trouble, algues, forte fréquentation. La règle de référence tourne autour de 20 g/m³ en granulé stabilisé. Comptez 200 g/10 m³ en version non stabilisée, jusqu'à 700 g/10 m³ pour l'hypochlorite de calcium (plus concentré). En rattrapage léger, 10 à 15 g/m³ suffisent. Face à des algues visibles, montez à 15-20 g/m³. En contamination sévère, certains fabricants vont jusqu'à 30 g/m³. Une condition : bien pré-diluer le produit dans un seau d'eau, jamais l'inverse (l'eau sur le chlore, ça mousse et ça éclabousse).
Pour approfondir la distinction stabilisé/non stabilisé, voir notre guide complet du chlore choc. Et pour les seuils cibles au quotidien (0,5 à 1 mg/L en usage courant), direction la page dédiée au taux de chlore idéal.
Dosage pH et TAC : l'équilibre de l'eau
Le TAC (titre alcalimétrique complet) mesure la capacité de l'eau à amortir les variations de pH. Cible : 80 à 120 mg/L. En dessous, le pH part dans tous les sens au moindre ajout de produit. Au-dessus de 150-200 mg/L, il devient au contraire très difficile à corriger.
Règle de base à ne jamais inverser : on corrige toujours le TAC avant le pH, jamais l'inverse. Pourquoi ? Le bicarbonate remonte légèrement le pH au passage, donc l'ordre compte. Comptez 17 g/m³ de bicarbonate de soude pour gagner 10 mg/L de TAC. Ne dépassez jamais 30 mg/L d'ajustement en une seule fois. La méthode : vous dissolvez dans un seau, vous versez devant les buses de refoulement (pompe en marche), vous filtrez 6 heures, puis vous retestez.
Pour le pH, comptez environ 10 à 15 g/m³ de pH+ ou pH- selon le produit, pour corriger 0,1 point. Jamais plus de 0,3 point d'un coup. Que faire si l'écart est important ? Étalez la correction sur 24 à 48 heures, en re-testant entre chaque apport. Notre page dédiée détaille la méthode complète pour comprendre et ajuster votre pH.
Dosage sel et électrolyse
La piscine au sel fonctionne sur un principe différent (fini le bidon de chlore liquide à trimballer chaque semaine). Le sel dissous alimente un électrolyseur, qui produit lui-même le chlore par électrolyse, en continu et à faible dose.
Comptez 4 à 5 g/L pour un électrolyseur standard, soit 40 à 50 kg pour un bassin de 10 m³ (200 kg pour un bassin de 50 m³, par exemple). Les modèles récents basse salinité tournent à 2 g/L, deux fois moins. Vérifiez toujours la notice du boîtier avant de saler : un mauvais réglage abîme la cellule d'électrolyse prématurément. En entretien courant, les pertes viennent surtout des lavages de filtre et de la pluie. Comptez un complément de 20 à 50 kg par saison pour un bassin de 50 m³, pas plus.
Le sel remplace-t-il complètement l'achat de chlore ? Pas totalement. Un chlore choc ponctuel reste parfois nécessaire en cas d'eau verte. Pour peser le pour et le contre selon votre budget et votre entretien, direction notre page "faut-il passer au sel ?".
Anti-algues, sulfate de cuivre et cas particuliers
Le sulfate de cuivre traite les algues par un mécanisme différent du chlore : les ions cuivre inhibent leur photosynthèse. Comptez 0,5 g/m³ en traitement préventif (une toute petite dose, littéralement une pincée pour 10 m³). 1 g/m³ maximum en curatif, face à une invasion visible.
Attention, le piège classique : au-delà de 1 g/m³, le risque de coloration verdâtre ou bleutée de l'eau grimpe fortement (et parfois des cheveux blonds, aussi). Sans gain d'efficacité supplémentaire. Mieux vaut limiter le sulfate de cuivre à deux traitements par an maximum : l'accumulation de cuivre dans l'eau finit par tacher le liner. Ce n'est clairement pas un produit à utiliser "au cas où".
Côté oxygène actif, une alternative sans chlore appréciée en spa ou petite piscine. Comptez 10 à 15 g/m³ par semaine en granulés, fractionnés en 2-3 apports. En traitement choc de démarrage, montez à 15-20 g/m³. Son action n'étant pas rémanente, contrairement au chlore stabilisé, il faut réajuster chaque semaine.
Côté brome, une autre option existe. Comptez 20 à 40 g/m³ à l'amorçage, puis 20 à 30 g/10 m³ par semaine en entretien (galets BCDMH). Taux cible : 1,5 à 3 mg/L, jusqu'à 5 mg/L si le pH dépasse 8,2. Au-delà, le brome devient lui-même irritant. Si des algues sont déjà visibles chez vous, notre guide pour traiter une eau envahie par les algues détaille la marche à suivre, sulfate de cuivre compris.
Erreurs de dosage : que faire en cas de surdosage ?
Chlore trop élevé après un chlore choc mal évalué ? On l'a vécu directement. Un bassin de 40 m³, un chlore choc dosé "à vue" sans peser le produit. Résultat : un taux de chlore libre à plus de 5 mg/L le lendemain. L'eau piquait les yeux, l'odeur était nette dès l'arrivée au bord du bassin.
La solution n'est pas compliquée, mais elle demande de la patience : vous arrêtez tout apport de chlore, vous laissez le soleil et la filtration dégrader naturellement le surplus (comptez 24 à 48 heures selon l'ensoleillement, un peu plus si le ciel reste couvert), et vous couvrez la piscine si possible pour accélérer le processus tout en évitant que les enfants ou les animaux ne se baignent entre-temps. Et vous retestez avant tout nouvel ajout. Diluer avec de l'eau neuve fonctionne aussi, mais uniquement pour un bassin déjà bas en niveau.
Autre cas fréquent : l'eau reste verte malgré un chlore "correct" au testeur. Pourquoi ? En général, ce n'est pas un problème de dose. C'est un pH mal réglé (le chlore perd son efficacité au-dessus de 7,6) ou une filtration insuffisante (temps trop court, filtre encrassé). Remettre du chlore sans corriger le pH ni vérifier le filtre : c'est le réflexe qui coûte le plus cher en produit, pour le résultat le plus décevant.
Enfin, ne mélangez jamais un produit acide (pH-) directement avec un hypochlorite ou un chlore choc. C'est l'une des erreurs de manipulation les plus souvent citées dans les signalements d'exposition accidentelle aux produits d'entretien piscine. Diluez toujours chaque produit séparément, dans des seaux distincts, avant de les verser dans le bassin.
FAQ
Quelle quantité de chlore choc pour 10 m³ ?
Comptez environ 200 g de chlore choc granulé non stabilisé pour 10 m³ en traitement standard (20 g/m³), jusqu'à 300 g/10 m³ face à des algues visibles. Pré-diluez toujours le produit dans un seau d'eau avant de le verser.
Peut-on mélanger plusieurs produits en même temps ?
Non. Chaque produit se dilue et s'ajoute séparément, à quelques heures d'intervalle, filtration en marche. Le risque principal : un mélange accidentel acide + hypochlorite, qui dégage des vapeurs toxiques. Une cause d'accidents domestiques régulièrement signalée par l'ANSES.
Que faire si le taux de chlore est trop élevé ?
Stoppez tout apport. Laissez agir le soleil et la filtration en continu : 24 à 48 heures suffisent généralement. Retestez avant tout nouvel ajout. Une piscine couverte au repos dégrade le surplus plus lentement : découvrez-la si le taux dépasse 5 mg/L.
L'eau reste verte malgré un bon dosage de chlore, pourquoi ?
Le plus souvent, le pH est hors cible. Au-dessus de 7,6, le chlore perd une bonne part de son efficacité. Ou alors la filtration est insuffisante. Vérifiez d'abord le pH et le temps de filtration avant d'ajouter du produit.
Quel tableau de dosage piscine est le plus fiable et pourquoi ?
Un tableau fiable cite toujours sa source : fiche technique fabricant, dosage constaté et daté. Pas une valeur "moyenne" sortie de nulle part. Il précise aussi la méthode de mesure utilisée pour vérifier le résultat (photomètre plutôt que bandelettes). Sans ces deux éléments, un chiffre de dosage reste une estimation invérifiable.
En résumé
Un bon dosage tient en trois réflexes. Mesurer avant de doser (photomètre plutôt que bandelettes). Corriger dans l'ordre TAC, puis pH, puis chlore. Ne jamais dépasser les paliers recommandés en une seule fois. Gardez ce tableau sous la main la prochaine fois qu'un doute vous prend devant le rayon traitement (ou sur votre téléphone, au bord du bassin). Et gardez en tête que la concentration exacte varie d'une marque à l'autre : vérifiez toujours l'étiquette du produit que vous avez en main.